L'île de Yao Yai

Publié le par Dan

Mouillage en fin d’après-midi dans une immense baie tranquille entourée de collines verdoyantes. Visite au village de pécheurs dont les cabanes misérables sont perchées sur des jetées constituées d’échafaudages de bambous assez précaires.


 

Dés la sortie de la baie de Ton Sai, nous établissons les voiles, mais pas de chance encore aujourd’hui, notre cap Nord/Nord-est n’est pas vraiment compatible avec un vent de Nord, nous insistons un peu pour le plaisir de naviguer à la voile, mais au bout d’une heure et demi nous sommes contraints d’abandonner.
Nous croisons quelques chalutiers en pêche. Depuis toujours, la Thaïlande est une nation de marins. Tout indique un peuple et une culture longtemps nourri par l’eau, qu’elle soit douce ou salée.
Au temps des clippers à voile, la Thaïlande possédait une flotte respectable ; les eaux intérieures ont toujours abrité des milliers de petits bateaux et, pendant les quatre siècles de l’ère glorieuse d’Ayutthaya, ancienne capitale du royaume de Siam du XIV au XVIIième siècle, un pourcentage important de la population urbaine thaï vivait dans des maisons flottantes.
Aujourd’hui, la flotte de pêche est la 5ième du monde et ses bateaux si caractéristiques sont omniprésent en Asie du Sud-est, aucun autre pays ne peut égaler les prouesses maritimes du peuple thaï.
La diversité même des bateaux traditionnels d’eau douce et d’eau salée est un des aspects fascinants de ce pays, de plus, il est par exemple, étonnant de voir les Thaïs partir serein sur des mers agitées, alors que les Birmans dont la mer dénombre plus d’îles et détient des ressources fantastiques semblent moins intrépides.
C’est vers 17h00 que nous arriverons en vue de l’île de Koh Yao Yai.
A l’approche du mouillage, il est nécessaire de bien s’écarter de la pointe rocheuse Ouest. On mouille sur fond de vase de si bonne tenue que cet endroit offre une bonne protection en toute saison.
Le paysage terrestre ici est composé de collines basses et verdoyantes encadrant une baie peu profonde, où se jette une rivière. Le mouillage est occupé par deux autres voiliers. Avant la tombée de la nuit, et la marée basse, nous partons visiter un village musulman sur pilotis situé au Nord-ouest de la baie. Pour s’y rendre, il est bon de suivre prudemment les « longtails » car le chenal n’est pas balisé et il existe de nombreux hauts-fonds vaseux qui découvrent à marée basse et qui risquent nous immobiliser. Nous ne pouvons rentrer à l’intérieur du village en annexe par le ruisseau il est déjà vide en amont. Nous nous arrêtons prés de ce que nous prenions pour une cité lacustre et qui ne sont en fait que des cabanes de pécheurs, presque toutes inhabitées, prolongées de pontons très sommaires composés de branchage ou de bambous. Nous nous amarrons à l’un de ces échafaudages, qui sert de débarcadères, et nous continuons notre promenade à pieds.
Le long de la route, des cabanes, certaines très misérables, abritent des familles dont les enfants toujours souriants et joueurs viennent nous saluer et lancer quelques mots d’anglais. Puis ce sont des maisons qui semblent plus confortables qui annoncent l’arrivé dans un village. Nous descendons vers la mer en espérant trouver quelques commerces. Rien à part un salon de massage désert. Nous aboutissons à un chantier de construction de bâtiment : un hôtel semble-t-il ? Nous rebroussons chemin et rejoignons le bateau par une nuit d’encre, le ciel est pourtant dégagé, mais la lune tarde chaque soir, le paysage sera de nouveau éclairé dans une heure environ. En attendant des bateaux vont et viennent, autour de nous, ils semblent proches, mais aucune lumière…, parfois seulement, une cabine éclairée nous permet de les situer.

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